Faut-il un couvre feu pour les mineurs de 13 ans ?

Publié le par Marc Fraga

Alors que l’ordonnance du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante, avance des mesures de protection, d'assistance, de surveillance et d'éducation face à cette déclinaison de délinquance de plus en plus violente, le gouvernement actuel, et plus précisément le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, propose un couvre feu à l’encontre des mineurs délinquants… une mesure répressive de plus vraisemblablement.

 

Même s’il est vrai que la part des mineurs (dans la délinquance) a augmenté de près de 5% en un an, pour atteindre 18%, ne doit-on pas insister sur la nécessité d’apporter une réponse plus ambitieuse face à un tel phénomène ?

 

Il y a urgence à redonner leurs rôles et attributions à tous les acteurs collectifs (les travailleurs sociaux, les associations, et plus généralement les services de protection de l’enfance) afin d’apporter les mesures d’assistance les plus appropriées.

 

Pour cela, pourquoi ne pas envisager de mettre à disposition des moyens en personnel, des moyens financiers, de véritables services d’accueil pour assurer un suivi approfondi du jeune qui se marginalise ?

 

Les lois, les textes réglementaires  en matière de prévention de la délinquance juvénile existent bel et bien. Il suffit simplement que chacun à son niveau puisse dans les conditions optimales remplir sa mission d’encadrement. Il suffit de se donner les moyens de ses ambitions.

 

De plus, la simple évocation d’un couvre feu n’emporte elle pas sur son passage, les notions d’atteintes aux libertés (la liberté d’aller et venir) ou de discrimination (mineurs de moins de 13 ans) ?

 

Alors que les magistrats, les acteurs collectifs, et les policiers (Alors que 8 000 postes de policiers seront supprimés d’ici à 2014, quelle belle hypocrisie ! Décidément, il n’y a aucune cohérence dans ce projet scandaleusement « coercitif ») estiment qu’une telle mesure reste inapplicable en l’état, d’autres, par appât du gain électoral, vantent les mérites du couvre feu, mais y croient ils sincèrement eux-mêmes au moins ?

 

Qu’ils appliquent déjà les lois sur la protection de l’enfance, c’est bien le moins. Pour la suite, on pourra toujours en rediscuter.

 

En définitive, le débat semble beaucoup plus large que ce que la droite voudrait nous faire croire.

 

Encore une fois, à l’approche d’une échéance électorale, en l'occurence les régionales, le gouvernement de droite et plus précisément le Ministère de l’Intérieur, opportunément alarmiste, nous brandit le vieux serpent de mer du « sentiment d’insécurité ».

 

Vont-ils encore une fois oser exploiter ce fantasme pour toute communication électoraliste ? Nous avons la réponse…et vous ?

Publié dans Arguments-Riposte

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