Face à la crise : réguler l’économie et donner la priorité aux investissements productifs

Publié le par Patrick Maury

Finalement, les vertus de l’intervention publique, récemment redécouvertes par Nicolas Sarkozy lui-même, n’auront pas résisté longtemps à la sacro-sainte loi du marché et de la finance. Preuve qu’au-delà des discours, la droite sera toujours la droite.

 

Jusque là avocat inflexible de la dérégulation et de la libre concurrence, le président français avait pris tout le monde à contre-pied, en proclamant que les Etats devaient surveiller de près les activités des banques et encadrer strictement les rémunérations des traders, afin d’éviter qu’une nouvelle crise n’emporte la planète.

                                                                                             

Mais l’illusion n’aura été que de courte durée, et l’absence de décisions concrètes confirme que c’est bien une approche libérale qui continue de guider la politique gouvernementale.

 

Ainsi, quand une partie des députés UMP décide d’adopter l’amendement du PS qui relève de 10% l’imposition des bénéfices des banques, le gouvernement contraint le Parlement à revoter ! Et pour ce qui concerne l’encadrement des bonus, le texte publié au journal officiel du 5 novembre en évoque seulement les principes, sans mentionner aucun objectif chiffré ! 

Pendant ce temps, la BNP Paribas et la Société générale, qui ont renoué avec les bénéfices au point de rembourser par anticipation les aides qui les ont sauvées de la faillite, ont déjà recommencé à accorder des primes exceptionnelles à leurs traders. Qu'on se rassure donc : "business as usual", les afffaires continuent.
 

Pour autant, si l’indice du CAC 40 a retrouvé une courbe ascendante, la crise n’en finit pas de faire des dégâts : hausse de 16,6% en un an du nombre de chômeurs,  augmentation des faillites d’entreprise et des ménages surendettés, explosion de la dette et du déficit public qui atteindra en France 7,5% du PIB en 2009, soit un montant de 140 milliards d’euros, du jamais vu !

 

Si la mobilisation exceptionnelle des Etats, à partir de l’automne 2008, a permis de sauver les grandes institutions financières, les tentatives de réformer durablement l’économie mondiale, par une régulation renforcée et une relance coordonnée, sont restées largement inachevées.

 

La rénovation de nos institutions et de nos modèles économiques reste donc à engager. Une croissance solide ne peut pas être portée par le seul crédit et le profit à court terme. Avec la coordination des politiques économiques, la priorité doit maintenant être donnée aux investissements tournés vers l’innovation et la production industrielle, condition essentielle de la création d’emplois durables. A l'évidence, ce n’est pas la priorité du gouvernement.

Publié dans Arguments-Riposte

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